| |
| DOCUMENTAIRE "IN BLUE" |
|
|
|
Ce
documentaire a été tourné au printemps 2000,
quelques semaines avant la sortie de l'album "In blue". Les Corrs en profitent alors pour aborder
de nombreux sujets. Voici en version écrite la
quasi-totalité du documentaire. |
|
|
|
|
|
L'album "In blue" |
|
Caroline:
"Je ne crois pas que cet album soit plus pop, il
a plus de maturité. Je crois qu'il est
probablement plus rock que les autres." |
|
|
|
Jim:
" Au niveau de la créativité, on pense tous que
c'est notre meilleur album. Nous en sommes très
fiers, et je pense que chacun y trouvera quelque
chose." |
|
|
|
Andrea:
" A l'origine de cet album, John notre manager,
est allé au studio pour arranger des morceaux
sur lesquels nous avions travaillé avant. Et une
nuit, Caroline et moi avons écrit une chanson
qu'on a voulu enregistrer. Et on a fini par la
produire, avec notre guitariste, les types du
studio, l'ingénieur du son et l'arrangeur. On a
commencé dans le chaos puis on a réalisé que ça
fonctionnait. Au studio, c'était magique. On
était en Irlande et le courant passait entre
nous. Il n'y avait pas de pression." |
|
|
|
Caroline:
"Sharon écrit seule la plupart du temps. Et elle
a aussi écrit avec Jim. J'écris généralement
avec Andrea, et elle écrit avec Jim. On mélange
un peu. Certains d'entre nous écrivent à la
maison puis on écoute le morceau au studio, et
on voit ce qu'on peut en faire." |
|
|
|
Sharon:
"Enregistrer à Dublin, c'était fantastique. Nous
étions complètement absorbés. On pouvait faire
la fête le week-end, et je crois qu'il faut
faire les deux pour créer un bon album.
L'inspiration doit aussi venir des moments qu'on
passe avec les gens. Sinon, on oublie le monde
extérieur." |
|
|
|
Jim:
"Nous sommes casaniers au fond. C'est génial
d'aller en studio puis de rentrer chez soi le
soir, dormir dans son propre lit. C'est
formidable de pouvoir faire cela. Et il y avait
moins de pression. Nous adorons l'Irlande, et
c'était une chance de pouvoir travailler ici
cette fois." |
|
|
|
Mutt Lange |
|
Jim:
"On a toujours été de grands fans des
productions de Mutt Lange. On l'a rencontré
l'été dernier à Londres au festival "Party in
the park" ou sa femme, Shania Twain, jouait. On
s'est mis à discuter du fait d'écrire des
chansons. Puis on s'est revus et on a commencé à
écrire, d'abord en Suisse, puis à Dublin. Avec
lui, on a écrit trois morceaux qu'on aime
beaucoup. L'un d'eux sera notre premier single:
"Breathless"." |
|
|
|
Sharon:
"Il a amené trois morceaux à enregistrer qu'il a
composé avec Andrea. C'est toujours différent de
travailler avec un nouveau producteur. Il
n'existe aucune règle pour la production. Il
accorde une attention particulière aux voix. Il
veut qu'elles soient absolument parfaites, et on
a fait beaucoup de prises. Mais c'est un type
adorable. Il est très spirituel. Il parle
beaucoup. Il aime discuter avec les gens. Il
aime connaître les gens et comprendre ce qui les
fait vibrer. En tant que personne, il est
charmant. C'est génial de travailler avec lui." |
|
|
|
Andrea:
"J'étais un peu intimidée à l'idée d'écrire une
chanson avec lui. On est dans l'avion à se
demander comment ça va se passer. Je ressens
toujours cette inquiétude par rapport à
l'écriture car ce n'est pas quelque chose que je
sais comment faire. Il n'y a pas de méthode. Ce
n'est pas une tache précise. Il n'y a pas de
plan. C'est purement de l'inspiration. Chaque
fois que j'écris une chanson, je suis ravie d'y
être arrivée. Avant d'écrire, j'ai très peur que
ça ne vienne pas. Que ferais-je alors ? Je ne
sais pas. J'y pensais dans l'avion, mais il a su
rendre les choses simples. Il est vraiment
adorable et il a beaucoup de talent pour la
musique. Quand je suis arrivée, on s'est assis,
et il a pris sa guitare et on a écrit "Breathless"
en premier." |
|
|
|
Le
clip "Breathless" |
|
Andrea:
"Le tournage du clip de "Breathless" était très
intéressant. On a tourné dans le désert du
Mojave. C'est en dehors de Los Angeles, près de
Joshua Tree, ce qui me plaisait. Il faisait très
chaud, c'était le désert. C'était un gros
tournage de deux jours. Le thème est un peu
celui de "Mad max". Jim pilote un avion. On
prend l'avion pour aller faire un concert, et
des types en Harley Davidson nous regardent
jouer. Notre public typique." |
|
|
|
Jim:
"On s'est beaucoup amusés. C'était un vieux
DC-3. Il a été construit en 1939, je crois.
C'était un Dakota, et c'était un avion
fantastique. Il a un angle comme ça sur la
piste. C'était vraiment marrant. Je devais faire
mine de piloter l'avion, de vérifier que
l'hélice tournait bien. On a vraiment volé avec.
On a survolé le désert pendant une demi-heure
environ. Excellent." |
|
|
|
Andrea:
"Tout se passait bien, mais la chaleur était
insupportable. Le deuxième jour de tournage,
Sharon et moi ne pouvions plus la supporter, et
on a failli avoir un malaise." |
|
|
|
Sharon:
"C'était l'accumulation du décalage horaire, et
de devoir se lever à quatre heures du matin pour
commencer à tourner à cinq heures, et tourner
toute la journée dans une fournaise que peu de
gens connaissent. Andrea délirait complètement.
Notre manager a fini par m'emmener à l'hôpital.
Le lendemain, on allait bien." |
|
|
|
Andrea:
"C'est intéressant quand on le regarde
maintenant..." |
|
|
|
Mitchell Froom |
|
Jim:
"On a décidé de retravailler avec Mitchell Froom
sur cet album parce que ça c'est très bien passé
sur l'album "MTV Unplugged". Il a un style très
spécial, très musical qui a beaucoup aidé à
influencer notre musique. Il était certainement
capable de tirer le meilleur de nous-mêmes. En
tant que producteur, je dirais qu'il est plus
organique. Il a supervisé toute la chose. Que
dire de plus ? Tout s'est bien passé. On était
heureux de retravailler avec lui." |
|
|
|
La
chanson "Radio" |
|
Caroline:
"On avait déjà fait "Unplugged" et il n'y avait
pas grand chose d'autre à faire de cette
manière. C'est en fait notre arrangeur qui a
trouvé la plupart des idées pour la version "dance"
qu'on retrouve sur l'album, avec une utilisation
différente de la guitare. Pendant longtemps, on
s'est demandé dans quel sens irait cette
chanson. Elle partait toujours dans des
directions différentes." |
|
|
|
Sharon:
"Il semble que pour les chansons qu'on a
écrites, certaines particulièrement, comme "Give
me a reason" et "Radio", on voulait les faire
différemment, et elles semblaient correspondre à
un son plus pop, plus électronique. C'est en
fait la quatrième version de cette chanson. La
première version était plus acoustique et la
deuxième était franchement "dance". Tu te
souviens ? (s'adressant à Caroline qui lui
répond "oui"). Puis on a refait une version
acoustique et maintenant elle est redevenue "dance".
Elle a une longue histoire cette chanson." |
|
|
|
Le
festival du Fleadh |
|
Andrea:
"On avait le trac avant le festival du Fleadh
car on était resté longtemps en studio à faire
l'album, sans faire aucun concert. On allait
jouer aussi des chansons du nouvel album, ce qui
est toujours risqué. Les gens ne les avaient pas
encore entendues. J'ai entendu une histoire sur
un membre d'un groupe, je ne dirai pas lequel.
Après avoir joué de nouvelles chansons que le
public ne connaissait pas, il a quitté la scène
en entendant le bruit de ses propres pas. C'est
mauvais signe. Mais les nouvelles chansons ont
bien marché. Le public les a adorées. On n'
avait même pas eu le temps de tout répéter avant
le concert. On n'était pas sur de pouvoir encore
le faire car ça faisait longtemps. Et puis on a
compris pourquoi on a fait ça l'an dernier.
C'est bien." |
|
|
|
La
chanson "Give me a reason" |
|
Jim:
""Give
me a reason" a commencé comme un morceau assez
standard. Je l'ai donné à Andrea qui a ajoutée
de superbes paroles et une mélodie. Elle est
venue à Glendalough et on a enregistré la voix
principale. Puis on est retournés à l'autre
studio à Dublin et on l'a terminée. Sharon a
composé la partie violon. On a tous apporté
notre contribution à la chanson, et le résultat
fonctionne." |
|
|
|
Sharon:
"Jim avait travaillé seul dans un petit studio,
cherchant quelques idées. Il m'a envoyé une
cassette avec quelques morceaux pour avoir mon
avis. On travaillait dans un autre studio sur
des choses différentes. Cette chanson ressortait
parmi celles qu'il m'avait envoyées. J'ai
craquée pour ce morceau. J'adore les émotions
qu'il fait passer. Les couplets sont un peu
mélancoliques, mais le refrain est dynamique.
J'adore ce genre de duplicité dans une chanson.
J'aime le fait qu'il y ait deux sentiments
opposés dans une chanson." |
|
|
|
Hommage à Jean Corr |
|
Jim:
"Nous avons choisi de dédier cet album à notre
mère Jean, qui malheureusement nous a quittés il
y a environ cinq mois. Elle est morte d'une
maladie des poumons incurable. Elle et papa ont
eu une grande influence sur ce que nous sommes
devenus, aussi bien musicalement que sur le plan
humain. Elle était notre plus grande fan." |
|
|
|
Andrea:
"C'est un album très particulier à cause de ce
qui nous est arrivé quand nous le faisions." |
|
|
|
Les débuts |
|
Sharon:
"Quand on a commencé, Dieu merci, on était
naïfs, car si on avait su l'énorme masse de
travail qui nous attendait, on aurait tellement
été intimidés, que je crois qu'on aurait
abandonné. Mais on avait beaucoup d'enthousiasme
et d'ambition, et ça nous a servis. Au début,
c'était fou, car quand on obtient un contrat
avec une maison de disques, beaucoup de groupes
croient que le contrat est l'étape ultime, mais
ce n'est en fait que le début. C'est le premier
seuil, et le plus facile à franchir, car après
cela, il faut vendre sa musique en faisant du
porte à porte de pays en pays. C'est comme ça
que ça marche. On est allés aux quatre coins du
globe et on a travaillé, travaillé, travaillé." |
|
|
|
Jim:
"Ca a été absolument fantastique, je ne peux pas
le décrire autrement. Nous avions un rêve, notre
manager avait un rêve, et je crois qu'on a
dépassé toutes nos espérances. Nous avons vécu
des tas de moments fantastiques. Il y a des
moments où on s'est jetés à l'eau, et il fallait
assurer." |
|
|
|
Caroline:
"On commence à connaître l'industrie de la
musique quand on a un contrat, et après ça, les
choses bougent très vite. Nous avons toujours
espéré et rêvé. Nous avons toujours placé la
barre très haut. On ne s'est jamais dit
"restons-en là", ou "on ne fait pas ça". On a
fait tout ce qui pouvait nous faire avancer." |
|
|
|
Le
concert au Lansdowne Road |
|
Jim:
"C'était vraiment un rêve. Un rêve assez
ridicule qu'on partageait avec notre manager de
jouer à Lansdowne Road, et de faire guichet
fermé à nous seuls. Ce fût donc un grand moment
de notre carrière de jouer à Lansdowne Road.
C'était terrifiant, il faut le dire. On avait
tourné une séquence d'ouverture qui passerait
sur écran, et sur les enceintes à notre arrivée
sur scène. Les rideaux seraient baissés. On est
sortis des loges jusqu'à un endroit où le public
ne pouvait pas nous voir. Puis on montait le
long d'une rampe qu'une partie des gens voyait.
A ce moment, il y a eu un grand cri et une
décharge d'adrénaline. Je me souviens avoir
regardé le visage de Sharon...elle tremblait.
L'adrénaline montait en nous, et on avait peur
car on n'avait jamais joué devant un public
aussi large, en tant que tête d'affiche. La
vidéo finissait, on nous voyait marcher dans un
long couloir, et le rideau se levait sur le
début d'"Only when I sleep", et là, on voyait
enfin tout le public ! C'était comme faire un
saut à l'élastique, la même poussée
d'adrénaline." |
|
|
|
Caroline:
"D'habitude, on ne serait pas si pétrifiés. On
aurait un peu peur, mais comme c'était au
Lansdowne Road, on était chez nous, à Dublin. On
était en Irlande, c'était le problème ! On a
passé un moment extraordinaire, mais on avait un
peu peur avant. C'était un concert génial." |
|
|
|
La
célébrité |
|
Andrea:
"La célébrité ? Je ne crois pas qu'on s'y
habitue. Peut-être qu'on y repensera plus tard
en se disant "mon Dieu, c'était gigantesque et
on été très célèbres". Mais c'est une chose
séparée de ce que nous sommes vraiment, cette
image célèbre. Je pense qu'il faut que ça reste
ainsi, pour ne pas devenir fou. On n'est pas
censé être aussi observé, on n'est pas censé se
voir autant. Cela peut déformer votre esprit.
Personne n'est censé se voir autant, ou entendre
sa propre voix. Donc je crois qu'il faut s'en
distancier." |
|
|
|
Jim:
"On est conscients de ce que représente cette
industrie, et de notre chance de pouvoir nous
exprimer musicalement, de faire ce pour quoi on
a du talent." |
|
|
|
Sharon:
"Beaucoup de choses ont changé, et c'est un
soulagement énorme et un sentiment
d'accomplissement d'avoir si bien réussi. Si à
ce stade les choses n'avaient pas autant
progressé pour nous, ce serait assez déprimant
de fêter notre dixième anniversaire. On a eu
beaucoup de succès, ce qui apporte une grande
satisfaction." |
|
|
|
Caroline:
"On prend la vie comme elle vient et on espère
avoir du succès aux USA, mais il n'y a aucune
garantie, et on le sait très bien. On espère,
mais on verra bien quand on y sera. C'est la
seule façon d'envisager la chose." |
|
|
|
Andrea:
"Nous avons certainement atteint une grande
partie de nos ambitions en tant que groupe, je
crois. Au fond ce n'est pas la célébrité qui
compte, mais elle fait partie du jeu. Ce qui
compte, c'est d'avoir écrit ces chansons pendant
toutes ces années, depuis dix ans, que le monde
entier les entende, et que les chansons soient
toujours meilleures. Jouer de la musique devient
naturel tellement on s'y habitue. C'est un
sentiment génial. Nous avons vraiment réalisé
cette ambition, quoi qu'il arrive." |
|
|
|
►
Retour au Lansdowne Road |
|
|
| |
| |